N'ayant jamais pratiqué le bondage japonais, j'ignorais à quoi m'attendre lorsque j'ai contacté une personne dont j'avais découvert le profil par hasard sur Joyclub. Je savais seulement que je voulais expérimenter la sensation d'être ligoté. Mais au-delà de ça, la technique exacte restait un mystère. J'avais du mal à ne pas être nerveux, mais après les premières explications de mon « rigger » (la personne qui réalise les nœuds), j'étais conquis et impatient d'être complètement immobilisé.
Qu'est-ce que le Shibari ?
Il existe de nombreuses techniques de bondage à la corde, mais le shibari est de loin l'une de mes préférées. Le mot lui-même signifie « attacher » en japonais, ce qui est logique puisque ces nœuds étaient à l'origine conçus pour ligoter des captifs. Aujourd'hui, ils sont souvent utilisés comme une forme d'art (leurs motifs complexes sont absolument époustouflants), mais ils conservent également leur fonction première : les adeptes du bondage érotique les utilisent régulièrement.
Bien que le terme shibari soit généralement employé pour désigner toutes les pratiques de bondage avec des cordes, il existe une différence entre le shibari et le kinbaku. Le shibari se concentre davantage sur le travail des nœuds lui-même, tandis que le kinbaku prend en compte la dimension sensuelle et émotionnelle du bondage.
Trouver un gréeur
J'ai cherché partout avant de trouver ma partenaire de cordage. Je ne cherchais pas seulement une femme, mais j'habitais aussi à la campagne, ce qui limitait un peu les options. De plus, je voulais me sentir en sécurité et j'avais besoin de temps pour comprendre et vivre l'expérience d'être ligotée pour la première fois. Bien sûr, j'espérais que ce ne serait pas une expérience unique si tout se passait bien.
C'est un peu par hasard que je suis tombée sur ce profil sur Joyclub. Il était rédigé de manière amicale ; la personne semblait connaître un peu le shibari et cherchait quelqu'un qui pourrait lui apprendre quelques rituels tantriques. Comme je pratiquais des massages tantriques à cette époque, cela semblait être une bonne piste.
Nous avons échangé quelques messages et décidé de nous retrouver pour une promenade au parc et un café. Elle avait apporté ses cordes et me les a mises sous le nez pour que je sente le jute. Nous avons bavardé un peu de tout et de rien, mais je ne pensais qu'à une chose : sentir enfin ces cordes sur ma peau.
La sécurité avant tout
La sécurité est primordiale pour toute activité impliquant des cordes et le corps d'une personne. En shibari, il est essentiel de maîtriser les gestes de premiers secours, mais aussi d'être sensibilisé aux risques kink la pratique (par exemple, les soins post-bondage). Il est important de comprendre non seulement quelles positions exercent une pression sur la nuque ou le dos de votre partenaire, mais aussi la force nécessaire pour le/la déplacer.
La personne qui m'a initiée au shibari pour la toute première fois m'a expliqué les bases, m'a montré le couteau qu'elle garde toujours sur elle en cas d'urgence, comment je pouvais montrer mon niveau de confort et s'est assurée que j'avais tout compris.
L'expérience
Tout en continuant ses explications, elle me demanda d'étendre les bras. Elle enroula la corde autour de mes bras, me faisant sentir à quel point elle pouvait la serrer sans couper ma circulation sanguine. Elle continua de me ligoter les aisselles et les déplaça en tirant sur l'extrémité de la corde. En un clin d'œil, mes bras se retrouvèrent derrière ma tête et je me sentis soudainement terriblement vulnérable.
Mais ce n'était qu'une brève démonstration des effets du shibari. Tandis qu'elle desserrait lentement la corde, celle-ci effleura mon épaule, ma clavicule, puis glissa autour de mon cou. Être libérée de ces liens étroits fut une expérience encore plus intense que d'y être attachée. Il m'est encore incroyablement difficile de décrire toutes les sensations que j'ai éprouvées à ce moment-là, mais j'ai immédiatement su que je voulais recommencer.
Nous avons fait quelques séances supplémentaires, et à chaque fois, l'intensité augmentait. J'étais conquise, et depuis, il est rare que je laisse passer une occasion de me faire attacher. La confiance et le sentiment de sécurité restent essentiels pour moi, mais à part ça, je peux me libérer de toutes mes pensées dès que le jute ou le chanvre touche ma peau.
Soins post-opératoires et cicatrisation
Le retour à la réalité après une bonne séance de shibari est primordial. Votre partenaire doit non seulement s'assurer que vous ne vous blessez pas pendant la séance, mais aussi veiller à ce que vous vous libériez progressivement de vos liens. Après avoir été privé de la possibilité de bouger vos bras et vos jambes pendant une heure ou deux, vous ne pouvez pas simplement vous lever et rentrer chez vous. Votre corps a besoin de temps pour se réadapter, et votre esprit peut encore être absorbé par la séance et déconnecté de la réalité.
Se blottir contre son partenaire est bénéfique. Être tenu dans les bras et entendre des affirmations positives peut même vous remonter le moral d'une manière inédite. Pour d'autres, s'endormir après une bonne séance est le meilleur moyen de se détendre et d'intégrer les émotions.

